Septembre 2019, c'était fête à Kukuli ! Les enfants couraient, jouaient, s'interpellaient dans la cour, chants et danses résonnaient dans les locaux, les cuisinières s'activaient joyeusement autour des grandes marmites. On fêtait 40 ans de travail communautaire, de joies, de succès, mais aussi d'épreuves, de peines, sans jamais perdre espoir et bien sûr 40 ans de soutien sans faille d'Enfance et Partage Haute Picardie.
 B79 P8 1  Depuis... le Coronavirus a vidé les écoles, rempli les hôpitaux, bouleversé les certitudes de chacun...partout dans le monde et à fortiori au Pérou.
  Dans ce pays de 33 000 000 d'habitants, le premier cas de contamination a été détecté le 6 mars 2020.
  Au 19 septembre 756 412 cas ont été répertoriés 31 283 sont morts de la Covid19.
   98,17 morts pour 100.000 habitants le Pérou détient un record mondial !

   Dans un système de Santé déjà précaire, les hôpitaux sont au bord de l'implosion, les soignants sont à bout de force, médicaments et oxygène manquent. Chaque famille doit fournir l'oxygène de ses malades : avant l'épidémie, un ballon d'O2 coûtait 65€, il se monnaye maintenant entre 260 et 1700€ !!!B79 P8 4
   Diana se désole chaque jour d'entendre qu'un tel est contaminé, un autre décédé. Les appels au secours sont nombreux, elle aide comme elle peut car sa propre santé la rend très vulnérable et l'empêche de se rendre dans les quartiers où se trouvent les jardins d'enfants.
Tous les établissements scolaires sont fermés depuis le mois de mars et ce jusqu'aux vacances d'été en décembre. C'est une année scolaire entière !!!
Patty, la responsable des centres de Huascar et du Diez de Octubre, nous raconte la vie dans les deux quartiers :

   "Kukuli est bien triste sans les enfants. Cela me fait beaucoup de peine lorsque j'y vais, mais tous les jours nous sommes en contact avec tous les enfants grâce aux smartphones et c'est un bonheur de les voir.   Malheureusement San Juan de Lurigancho est la zone la plus affectée de Lima et cela se ressent dans l'atmosphère générale car plus rien n'est comme avant.

   Tant de personnes ont été contaminées ! Pourtant nous devons continuer à aller de l'avant.
   Les classes virtuelles ont un effet stimulant sur l'enfant : voir leur éducatrice, leurs petits copains apaise leurs angoisses et il arrive qu'ils disent à leur maitresse : "ne t'en vas pas ! "
 B79 P9 1  Cela est peut-être dû au fait que beaucoup de parents, très préoccupés par la situation actuelle, transmettent ce stress à leurs enfants qui se sentent bien isolés dans leur propre famille. C'est pour cela que les éducatrices sont toujours en contact et travaillent avec eux le côté affectif.
   Le comedor du Diez de Octubre est maintenant réouvert et chacun y respecte toutes les mesures sanitaires. Nous avançons petit à petit.
   "J'organise, régulièrement une réunion en visio-conférence avec les éducatrices pour faire un point : examiner les difficultés rencontrées, partager les expériences de chacune, établir des axes de travail, voir s'il y a des cas particuliers parmi les enfants, des solutions à apporter. Cela permet d'aider les enfants grâce aux différentes expériences de chacune. Si l'une d'elle a un doute, elle m'appelle. Ainsi nous sommes en lien permanent.
Les éducatrices, les cuisinières les femmes qui s'occupent de l'entretien des locaux, Célia la gardienne de Kukuli Huascar sont très reconnaissantes que vous vous souveniez d'elles et que vous pensiez à elles. Merci, merci beaucoup.
   Sur le plan économique, le pays s'est effondré. A Lima plus de 2 300 000 personnes ont perdu leur emploi. Ce chiffre ne tient pas compte du secteur informel qui représente 70% de l'activité. En dépit de la croissance qu'a connue le Pérou au cours de la dernière décennie, un cinquième de sa population vit sous le seuil de pauvreté. Le confinement prolongé a aggravé ce problème et de nombreux péruviens manquent de moyens de subsistance durables.B79 P9 3
   Pour protéger les familles des enfants inscrits à Kukuli, Diana a décidé d'organiser plusieurs distributions successives de sacs contenant quinoa, flocons d'avoine, lait, biscuits, œufs, maïs, lentilles, sucre, toutes sortes de comestibles pouvant servir à la confection de repas.
   B79 P9 6Afin de financer cette initiative si évidente, notre association a envoyé une aide supplémentaire. Tout le personnel administratif de l'association Gabriela Mistral s'est chargé des achats, de la répartition des vivres dans des sacs et le transport vers les deux centres Kukuli de Huascar et du Diez de Octubre. Il a été fait de même pour ceux du nord de Lima, financés par une autre association française. Dans des messages vidéo envoyés par Whattsapp les parents nous ont exprimé leur profonde reconnaissance. J'espère que la situation s'améliore en France. Prenez bien soin de vous."

   Parviendrons-nous à faire face à cette nouvelle épreuve qui touche la planète entière ?
Plus que jamais, les bénévoles d'Enfance et Partage Haute Picardie restent actifs et généreux.

 


   Plus que jamais, parrains et donateurs, nous avons besoin de votre générosité et de votre soutien !

Si vous voulez aider Diana et les Kukuli, nous contacter !