Quelques nouvelles de H. :
   B76 P5 1Comme nous l'avons déjà expliqué dans un bulletin précédent, H. est une jeune fille de 20 ans qui a malheureusement été atteinte d'un cancer au niveau de la jambe. Elle a bénéficié de deux chirurgies, puis d'un traitement par chimiothérapie, et ensuite de séances de radiothérapie.          Aujourd'hui, le traitement est terminé, ses derniers résultats biologiques sont très bons et confirment la rémission du cancer. Elle va beaucoup mieux. Elle a repris ses études, et est en 2ème année d'école de marketing. Elle réussit très bien à l'école. Par la suite, elle souhaite devenir commerçante.
Elle vit dans une maison louée par l'orphelinat, mais passe régulièrement à Burayu pour y rencontrer ses amis. Nous sommes très heureux de la voir en bonne forme, à la fois sur le plan physique et psychologique.

   Y. 16 ans, est sourde et muette. Elle est handicapée mentale et ne maitrise que quelques gestes de la langue des signes. Elle a été aB76 P5 4abandonnée dans Addis Abeba. Elle était auparavant très agitée mais se calme avec l'âge.
   T. a 22 ans et est originaire de Dessie. Elle est très en retard sur sa scolarité car seulement en 4ème. Elle a un frère et une sœur qui vont bientôt quitter la structure de l'orphelinat. Berhanu, le frère, vient d'avoir son permis de conduire et peut donc devenir chauffeur alors que sa sœur A. vient d'avoir un diplôme de coiffeuse. T. n'est pas une fille comme les autres, elle passe sa vie à s'occuper de Y. comme si elle était sa mère, elles ne font qu'une, elle partage tout avec elle, elle gère son impulsivité et l'apaise. C'est dans la nature de T. d'être comme ça : dans son école, malgré son niveau faible, on lui confie un rôle de surveillante (on la paie pour cela et elle partage son argent avec ceux de l'orphelinat qui ont besoin d'une bricole). Le samedi toutes deux aident à la cuisine. C'est incroyable de les voir heureuses à deux malgré tout ce qui les accable.

 H. M. a 13 ans, elle vient d'un petit village en pays Oromo à la frontière soudanaise. H. s'est sauvée de la maison où elle vivait avec sa mère. En l'absence de celle-ci, son beau-père la battait et elle a parcouru plusieurs centaines de kilomètres en bus pour rejoindre Addis sans but précis. Elle est arrivée dans la rue à Burayu et a fort heureusement été repérée par les forces de police qui ont averti le ministère des femmes, le Mowa (ministry of women affairs). Celui-ci nous l'a confiée le temps de retrouver sa mère et de B76 P5 5gérer le problème du père avec la police locale. H. pleure beaucoup et a peur d'être renvoyée dans sa famille. Elle n'a jamais été scolarisée et a toujours travaillé dans les champs comme en attestent ses mains calleuses et dures comme la pierre. A présent, elle a pour la première fois une vraie vie d'enfant avec une scolarité et des jeux. Elle ne parle que l'oromifa et se fait comprendre par gestes, les autres enfants l'ont intégrée de suite. Elle est grande et très forte pour son âge.

Il est courant que le MOWA nous confie des enfants pour des courtes périodes, c'est une preuve de confiance.