Mon voyage en Ethiopie du 12 octobre au 25 octobre 2018 avait pour but d'effectuer le suivi détaillé des actions, de contrôler l'utilisation des fonds sur place, de vérifier le bien-être des enfants et des salariés, d'entretenir des relations avec les autorités de tutelle.B76 P4 1
   Nous avons rencontré les enfants en groupe au lieu de les voir individuellement. Ils ont tous bien grandis.
   Il y a actuellement à Burayu 225 enfants dont 90 (de7 à 12 ans) qui vivent en permanence à l'orphelinat et 135 (de 13 à 18 ans) qui vivent dans des familles d'accueil autour de (ou à) Burayu.
   Face au nombre grandissant d'adolescents, il a été décidé d'embaucher deux travailleurs sociaux supplémentaires pour assurer le suivi des jeunes. Une autre personne a été aussi embauchée pour aider les enfants les plus grands, ceux qui ont fini leur formation à trouver du travail. 23 jeunes ont ainsi trouvé du travail dans des domaines divers comme le tourisme, la comptabilité, l'éducation, les statistiques, l'informatique, les bio-technologies, la sociologie, les travaux publics, l'électricité en bâtiment, il y a aussi des chauffeurs et un barbier. C'est un résultat très encourageant qui a permis de libérer de la place dans les familles d'accueil et de consacrer ce

 B76 P4 2
 Ici, nous sommes dans la laverie.

budget à de nouveaux jeunes. Bravo à notre "job facilitator", assisté d'un français qui intervient auprès des entreprises francophones lors de ses séjours en Ethiopie.
   Nous avons contacté aussi un médecin A. (lui-même a grandi à l'orphelinat) afin qu'il puisse parler librement aux jeunes de leurs soucis de santé et en articulier du sida.
   Globalement les enfants vont bien. Une bonne dizaine d'entre eux a atteint l'âge de rejoindre les familles d'accueil. Ils ne sont pas réellement prêts à mon avis, surtout les garçons qui vont devoir se conformer aux règles de la vie en famille avec les obligations qui les accompagnent. Nous décidons alors pour la première fois de leur faire visiter une famille modèle pour qu'ils visualisent ce qui les attend.
   Il est de plus en plus difficile de trouver des familles qui ne fassent pas cela uniquement pour le gain lié à l'accueil de chaque enfant. Nous plaçons au maximum trois enfants par famille. Il faut que ce revenu ne soit pas le revenu principal de la famille d'accueil, que les membres de la famille soient éduqués et si possible modernes dans leur façon de penser, avec de l'affection pour ces enfants orphelins que nous leur confions. Il est toujours impossible de trouver des familles qui acceptent les enfants séropositifs et cela nous conforte dans le choix que nous avons fait de louer des maisons pour ces enfants.

   La situation politique a été particulièrement tendue à Burayu début octobre (conflits interethniques) Notre mission sur place a été cette année assez compliquée car la région de Burayu est celle qui s'oppose le plus au pouvoir en place. Il y a souvent des heurts assez violents. A certains moments, notre sécurité n'est pas complétement assurée, il faut donc être prudents et bien renseignés par des contacts locaux.
   La monnaie éthiopienne a été très fortement dévaluée puisque nous obtenons 32 birrs avec un euro au lieu de 25 birrs l'année dernière. C'est avantageux pour nous car sur place, ce sont des euros que nous envoyons, mais cela provoque une très forte inflation dB76 P4 3es prix des produits de base en Ethiopie. Nous avons dû revoir à la hausse la pension des enfants placés dans les familles d'accueil, elles sont passées de 850 à 1000 birrs par mois soit un peu plus de trente euros par enfant et par mois.
   Nous expliquons régulièrement aux enfants et aux salariés de l'orphelinat d'où proviennent nos sources de financement. Chacun d'entre eux est très reconnaissant et nous en remercie.

Grand Merci à tous nos donateurs, parrains et marraines qui nous font confiance et aident ainsi efficacement l'orphelinat de Burayu.″

Maria